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Le Président de Côte Landes Nature s’exprime sur le dossier DARBO

Le Président de Côte Landes Nature s’exprime sur le dossier DARBO
Moins d’un an après un couteux sauvetage par les pouvoirs publics, la société Linxoise Darbo est à nouveau menacée de liquidation.


Les 132 salariés sont très en colère contre le fond de retournement germano-suisse Gramax, qui n’a pas tenu ses promesses d’investissement.

Les repreneurs éventuels ont jusqu’au 3 octobre prochain pour se manifester.

Entretien avec Gérard Napias, Président de Côte Landes Nature.

Quelle est votre vision du dossier ?

C’est une situation difficile qui touche 132 familles de notre territoire avec toutes les conséquences que cela peut avoir, tout le monde est bouleversé.

Le groupe Gramax n’était peut-être pas le bon repreneur. Il est spécialisé dans la reprise d’entreprises en difficulté, mais pas dans le cœur de métier des panneaux de particules.  Le retour sur investissement était trop long pour ce type d’entreprise.

Des contacts avec d’éventuels repreneurs sont en cours. Espérons que cela aboutira avec un professionnel qui ait une véritable ambition pour le site Linxois. N’oublions pas que Linxe est situé au cœur d’un massif de bois de trituration replanté au lendemain de la tempête et exploitable dans 10-15 ans, avec une ressource qui privilégie cette industrie.

Le savoir-faire et la détermination des salariés sont des atouts indéniables pour l’entreprise. Ils connaissent leur métier ; ils ont une réelle volonté de travailler et de se battre pour l’entreprise, cela doit peser positivement dans la balance pour un éventuel repreneur.

Nous partageons tous l’idée défendue par les salariés que la rénovation de l’outil de production pour travailler sur des produits à plus forte plus-value est aussi l’avenir pour Darbo.

 

Quels impacts pour la filière bois ?

Il y a quelques années, Darbo s’est orienté vers la biomasse. C’était réellement une bonne chose. Malheureusement, ces investissements n’ont pas été inscrits dans les appels d’offres "CRE Biomasse" pour lesquels l’Etat apportait son soutien, via des subventions et la mise en place d’un tarif d’achat préférentiel pour l’électricité produite. Ce projet CRE aurait permis à la société de garder des fonds financiers.

A l’extrême, avec le système français de liquidation d’entreprise, la priorité est donnée au paiement des salaires, heureusement, puis aux organismes sociaux et aux impôts. Les créanciers, déjà en difficulté, sont payés en dernier. Par engrenage, nous aboutissons à une destruction du tissu économique. Après les salaires, les fournisseurs doivent être privilégiés au même titre que les impôts et organismes sociaux.

 

Les collectivités ont-elles un rôle à jouer ?

La Communauté de communes, en charge du développement économique, travaille sur l’extension de zones artisanales sur des sites convoités.

Nous sommes certains que les pouvoirs publics et les collectivités territoriales (Etat, Région, Département) feront le maximum pour permettre à cette filière de sortir « par le haut » de cette situation tendue.

Nous suivons avec une grande attention l’évolution de la situation. La Communauté de communes est en contact régulier avec les acteurs autour de ce dossier, que ce soit au niveau national, régional, départemental, ou local avec la Mairie de Linxe.