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Une histoire de forgerons

Une histoire de forgerons
Dans le cadre des journées du patrimoine, les 20 et 21 septembre 2014, une exposition, un film et une conférence, retraceront l’histoire des forges de Castets

 L’Aquitaine et les Landes en particulier  furent longtemps  une terre de forgerons.  Entre Castets et Taller prés du ruisseau de Lacay, des traces d’activités métallurgiques datées du 1er siècle de notre ère ont été découvertes  par des archéologues. Beaucoup, plus tard entre 1820 et 1920, un haut fourneau et des forges  feront de Castets un important centre industriel.

Un événement à Castets

 Cette longue histoire a été reconstituée grâce à la ténacité d’une équipe de chercheurs passionnés : un jeune  castésien, Kevin Laussu découvrit alors qu’il n’avait que 17 ans de précieux documents parmi  des archives très anciennes concernant le site des forges de Castets. Il reconstitua les plans des bâtiments et permit ainsi à Pierre Laforie, de l’association Mémoire en Marensin, de retracer patiemment le fil d’une étonnante épopée industrielle. Michel Lamolie élu municipal et responsable de la commission patrimoine, s’est attaché, depuis quelques années, à faire revivre le passé castésien par la réalisation de films documentaires. Avec Sophie Thomas , Claire De Ryke et Jeannine Lassalle, ce petit groupe a mis au point une série d’animations passionnantes et instructives dont une exposition rassemblant des objets rares produits par les forges de Castets, un film réalisé par Michel Lamolie et une conférence sur l’histoire des forges.

 

Le programme :

Samedi 20 septembre  à 10h30 : vernissage de l’exposition

16h-18h : film « Des hommes et des forges », conférence au cinéma

18h-19h : visite guidée sur site

19h-20h : apéritif –garbure

20h : spectacle nocturne  avec travail du fer forgé et fonte de bronze.

Dimanche 21 :

10h-18h : ouverture de l’exposition et visites guidées.

Les forges à castets

 

La longue histoire des forges

En 1808, François Dubourg, jeune Maître des Forges d’Uza  découvre,  à Castets un site  propice à l’installation d’un haut-fourneau et des forges. Associé à Louis-Mathieu Turpin, Maire de Lit, et Dupuy, Maire de St Julien, il dépose auprès du Préfet Duplantier, en 1809, une demande d’autorisation de construire ces bâtiments.  Les problèmes posés par la proximité des forges d’Uza  retardent la décision de l’Etat.  Napoléon 1er, seize jours avant sa destitution, signe, le 19 mars 1814, l’autorisation de construire forges et haut-fourneau à Castets. Mais, à cause de l’opposition farouche des Lur Saluces, François Dubourg devra attendre encore cinq ans. Grâce au soutien du Préfet des Landes, le Baron d’Haussez et de l’Ingénieur des Mines d’Aubuisson, le Conseil d’Etat décidera le 17 juin 1819 la pleine application du décret impérial du 19 mars 1814.

François Dubourg emploie plus de cent personnes pour construire au plus vite un haut-fourneau de 11 mètres avec air comprimé par pistons et des forges attenantes. Dès 1820, il vend des fers dont la qualité est reconnue. Il obtient une importante commande de l’Armée  envoyée en soutien au roi absolutiste Ferdinand VII en difficulté face aux libéraux.

En 1824, François Dubourg, soucieux d’améliorer encore la qualité des fers, décide de faire venir du minerai  de Bilbao pour enrichir  la garluche de St Paul les Dax et Ardy.

En 1826, il marie sa fille unique Elisa avec un riche propriétaire de Linxe, Emile Boulart. Mais, celui-ci ne souhaitant pas s’occuper des forges, François Dubourg engage auprès de lui un neveu, nommé également François Dubourg.

 En 1831, Charles X étant destitué, Louis Philippe va, en quelques mois, signer les autorisations d’extension des forges de Castets et de construction du haut-fourneau d’Ardy.  Celui-ci est construit le premier. François Dubourg demande que les autres parties des forges d’Ardy soient construites à Castets,  dans le domaine de la Palue ,  à près de 2 km en aval des forges du bourg. Cette même année 1831, François Dubourg devient Maire de Castets et son neveu conseiller municipal.

En 1835 et 1836,  François Dubourg neveu construit le laminoir et, à partir de 1840 l’ensemble des maisons de maître et d’ouvriers de la Palue.

En 1851, plus de cinq cent personnes sont employées aux forges de Castets.  

François Dubourg meurt en 1853, son neveu lui succède à la Mairie de Castets et à la tête des forges.

En 1862, Charles Boulart,  petit-fils de François Dubourg, s’associe à François Dubourg neveu pour acheter les forges d’Abesse. Sur l’ensemble des quatre établissements industriels au bourg de Castets, à la Palue, à Ardy et à Abesse, près de mille personnes produisent de la fonte, des fers de tous calibres, des tôles, des pièces moulées pour l’industrie et pour les utilisations domestiques, telles que  jardinage, cuisine, décoration.

En 1867, François Dubourg neveu cède toutes ses parts à Charles Boulart, avant de se retirer et de décéder en 1869 sans héritier. La fin du Second Empire avec l’occupation prussienne des forges du Nord et de l’Est amène à Castets un surcroît d’activités. Mais, en 1882, la Compagnie des Forges et Aciéries du Boucau porte un coup fatal aux forges landaises en construisant de grands hauts-fourneaux fonctionnant au coke, avec quatre-vingt fours à coke, deux convertisseurs Bessemer et des laminoirs. Charles Boulart, conseiller général et député de 1876 à 1881, décède en 1891. Sa veuve et son fils Daniel lui succèdent. L’activité de fonderie de pièces moulées de qualité subsiste à Castets et Abesse. Mais Ardy  ferme en 1890. Castets bourg ferme le 1er janvier 1905.  Abesse et la Palue continuent à fonctionner au ralenti avec une reprise pendant la guerre de 1914-1918. La Palue fermera définitivement en 1920. Les forges d’Abesse seront vendues en 1923 à la Société Anonyme des Travaux Métalliques et fonctionneront jusqu’en 1930.

Une production des forges de Castets